Seule. Seule dans cette pénombre noire d'une angoisse incertaine. L' inquiétude me ronge, m'étouffe et me giffle tel un vent glacial qui vous fouette en plein visage. Ou suis - je ? Qui suis - je ? Où donc est passé cette lumière aveuglante qui illuminait autrefois mes pensées ? Je suis seule et j'ai peur. Des rats me frôlent fugitivement la main. Avec un air dégoûté, je les repousse adroitement. Comment suis - je arrivé ici ? J'essaie de pleurer pour cacher cette honte de n'être qu'un vulgaire personnage à la merci de la mort. Elle est proche, je la sens, et je l'attends, mais rien ne se passe. Combien de temps vais-je donc supporter ce silence ? Cette absence de volonté et de courage de me libérer de ces chaînes. J'ai comme l'impression qu'une force puissante et invisible raidit tous mes membres. Je ne sais pas bouger. Ni crier. Ni parler, à part à moi - même. Bientôt je deviendrai folle, comme tous ces gens enfermés dans des caves humides et infectes à la merci d'un être humain. Ou plutôt d'un être tout court. Je ne vois pas quel humain pourrait faire une chose aussi abominable sans avoir une larme à l'oeil ou tout simplement des regrets. Je voudrais tellement partir d'ici. Pourquoi ne vient-elle pas me chercher ? J'implore sa venue mais rien n'y fait. Personne ne m'entend. Personne ne sait que j'existe. Je voudrais tellement me rappeler du goût des choses, de l'effet qu' apporte une brise d'air frais sur ma peau. Peu à peu, je m'endors d'un sommeil agité et pénible, et soudain, dans cette pénombre inquiétante, un homme invisible me tend la main. Je le suis. Au bout d'un tunnel profond une lumière jaillit. Elle m'aveugle. Je baisse les yeux. Je sens qu'une présence rassurante me pousse en avant, et me souffle des mots aussi légers que de la soie à l'oreille. Je marche sans réfléchir, cette lumière m'attire, m'ensorcèle. Mes pas sont silencieux sur le sol scabreux de cette immensité noire. Pourtant je n'ai pas peur. J'approche du but. Des rires et des chants résonnent derrière la lumière. Je m'arrête devant elle, la contemple et je l'effleure d'une caresse de la main. Survint un flash, ensuite plus rien.
Pix Siyahtapot