Seule. Seule dans cette pénombre noire d'une angoisse incertaine. L' inquiétude me ronge, m'étouffe et me giffle tel un vent glacial qui vous fouette en plein visage. Ou suis - je ? Qui suis - je ? Où donc est passé cette lumière aveuglante qui illuminait autrefois mes pensées ? Je suis seule et j'ai peur. Des rats me frôlent fugitivement la main. Avec un air dégoûté, je les repousse adroitement. Comment suis - je arrivé ici ? J'essaie de pleurer pour cacher cette honte de n'être qu'un vulgaire personnage à la merci de la mort. Elle est proche, je la sens, et je l'attends, mais rien ne se passe. Combien de temps vais-je donc supporter ce silence ? Cette absence de volonté et de courage de me libérer de ces chaînes. J'ai comme l'impression qu'une force puissante et invisible raidit tous mes membres. Je ne sais pas bouger. Ni crier. Ni parler, à part à moi - même. Bientôt je deviendrai folle, comme tous ces gens enfermés dans des caves humides et infectes à la merci d'un être humain. Ou plutôt d'un être tout court. Je ne vois pas quel humain pourrait faire une chose aussi abominable sans avoir une larme à l'oeil ou tout simplement des regrets. Je voudrais tellement partir d'ici. Pourquoi ne vient-elle pas me chercher ? J'implore sa venue mais rien n'y fait. Personne ne m'entend. Personne ne sait que j'existe. Je voudrais tellement me rappeler du goût des choses, de l'effet qu' apporte une brise d'air frais sur ma peau. Peu à peu, je m'endors d'un sommeil agité et pénible, et soudain, dans cette pénombre inquiétante, un homme invisible me tend la main. Je le suis. Au bout d'un tunnel profond une lumière jaillit. Elle m'aveugle. Je baisse les yeux. Je sens qu'une présence rassurante me pousse en avant, et me souffle des mots aussi légers que de la soie à l'oreille. Je marche sans réfléchir, cette lumière m'attire, m'ensorcèle. Mes pas sont silencieux sur le sol scabreux de cette immensité noire. Pourtant je n'ai pas peur. J'approche du but. Des rires et des chants résonnent derrière la lumière. Je m'arrête devant elle, la contemple et je l'effleure d'une caresse de la main. Survint un flash, ensuite plus rien.
Pix Siyahtapot

# Posté le vendredi 15 février 2008 14:22

Modifié le samedi 23 février 2008 15:31

Je marche d'un pas lourd et grave sur le sentier scabreux et semé d'embûches de la vie. Ce chemin, je le fais seule. Des personnes me tendent la main, je les repousse d'un geste brusque. Que l'on me traîte de misanthrope ou que l'on me fend le coeurpar d'autres paroles blessantes, je n'en ferai rien. Pourtant, tout le monde aurait besoin d'une épaule sur laquelle se reposer. Mais pas moi. Je veux être aux commandes. Je veux pouvoir me relever, comprendre mes erreurs sans que quelqu'un viennent à me les souffler. Je veux sentir la brise fraîche de l'automne, les flocons de neige fondre sur ma langue, le soleil panser les blessures qui meutrissent mon coeur, le vent chaud sécher mes larmes de désespoir. Je veux choisir mon itinéraire, qu'il m'octroye ou non le mérite d'avoir choisir la bonne direction. Peut-être un jour, y arriverais-je. Ou peut-être non. Mais j'aurai toujours une perle d'espoir enfuie quelque part, une boule de feu qui réchauffera mes pensées les plus froides. Je ne ressentirai jamais de nostalgie, de frustation d'une souffrance causée par le regret d'un but jamais atteint. J'aurai toujours le sentiment d'avoir accompli mon propre destin, même si celui-ci s'arrête avant la fin de ce voyage semé, de toute part, de cailloux et de nids de poule qui ralentissent le rythme effreiné de mes pas sur le gravier. Jamais je ne connaîtrai d'accès de mélancolie qui feront de moi un être sans vie, perdu dans des idées noires d'une profonde morosité.
Pix Siyahtapot

# Posté le samedi 16 février 2008 07:47

Modifié le dimanche 24 février 2008 08:00

Dieu a déposé un lourd fardeau sur les épaules de l'Homme. Celui-ci épuisé par le poids de ses engagements, se plaça sur le bord du chemin et se reposa. Vint alors un voyageur plus robuste de force que d'esprit qui s'arrêta devant lui. Il s'accroupit et questionna le curieux personnage allongé sur le tamis de feuilles. Celui-ci lui dit : " Dieu m'a confié une tâche pénible, mais je ne saurai m'en acquitter. Veux-tu prendre le relai ? " Le visiteur, perturbé par ce discours, se laissa glisser sur l'herbe mouillé et s'appuya contre l'arbre. Il ferma ses paupières et réfléchit, après un bref instant, il se releva et acquiesca. L'Homme plaça la chose dans la paume de sa main et d'un geste délicat, le porta jusqu'aux épaules. Il regarda une dernière fois l'inconnu, appuyé contre l'écorce rugueuse du chêne, les paupières closes, le souffle régulier. Un filet de lumière traversait son visage et paraissait serein. Ses traits se relâchaient. Agitée de doutes, son esprit bouillonnait. Son pouls était rapide. Son coeur battait à tout rompre. Il sentait les convulsions émaner de sa poitrine. Ses mains tremblaient. Son front, perlé de sueur par cette douce chaleur d'automne, se froissait. Il détourna son regard de l'homme étalé paisiblement sur le parterre de feuilles au reflet chatoyant. Et il reprit son chemin. Dieu apprit bien plus tard que le sang coulait dans les fleuves et que l'Homme préparait sa propre perte. La nouvelle tranchante et menaçante l'affectait. Mais Il n'eut aucun regret.
Pix Siyahtapot
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# Posté le vendredi 22 février 2008 15:08

Modifié le dimanche 24 février 2008 08:00

J 'ai peur. Peur de la différence,
du sentiment de rejet. Je ne suis
plus moi. Je ne reconnais plus
la personne dans le miroir. Qui
est-ce ? Pourquoi me suit-elle ?
Pourquoi l'ombre que je laisse
derrière moi ne me correspond
pas ? L'inconnu me guette. Oui,
j'ai peur. Peur du noir, peur du
soir. Elle avale mes pensées,
boit mon bonheur. Je suis
lasse, mes pas résonnent sur
le sol. Ce ne sont pas mes cris,
ce ne sont pas mes larmes,
ce n'est pas moi. Pourquoi,
jouer un rôle ? Pourquoi me
cacher derrière un masque de
scène ? Pourquoi mentir ?
Je souffre d'un mal-être profond
et sincère qui brûle mes entrailles,
m'écorche le coeur. Mes plaies
saignent depuis trop longtemps.
J'ai mal. Mes mains
sont moites, mes traits sinistres,
mon regard vide. Je souffre de ne
pouvoir éclore cette enveloppe
qui s'attache progressivement à
mon corps et qui efface peu à
peu les souvenirs d'un bonheur
trépassé. Dois-je attendre que
la flamme se consumme pour
que je puisse poser à nouveau
mon regard sur le monde ?

Pix Siyahtapot
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# Posté le vendredi 22 février 2008 17:07

Modifié le dimanche 24 février 2008 07:59

L'ingratitude du monde est-elle compréhensible ?
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# Posté le vendredi 22 février 2008 18:11

Modifié le dimanche 24 février 2008 08:01